CAN 2025 : un succès sportif, mais surtout un actif économique stratégique
La Coupe d’Afrique des Nations 2025, organisée au Maroc, est déjà qualifiée de réussite sur le plan sportif et organisationnel. Mais au-delà du spectacle, une question centrale s’impose : la CAN est-elle réellement rentable ?
Les premiers chiffres permettent d’apporter une réponse structurée.
Un modèle économique solide
Le budget global de la CAN 2025 est estimé à environ 264 millions d’euros.
Les revenus attendus dépasseraient les 290 millions d’euros, ce qui permettrait à la Confédération Africaine de Football (CAF) de dégager un excédent net supérieur à 25 millions d’euros.
À l’échelle de l’institution, l’enjeu est majeur : la CAN représente près de 80 % des revenus annuels de la CAF. Autrement dit, la compétition n’est pas seulement un événement phare, elle constitue le pilier économique du football africain.
Les recettes proviennent principalement :
des droits télévisés,
des partenariats et sponsors,
de la billetterie,
pour un total estimé à près de 200 millions de dollars.
Une affluence record
Sur le plan populaire, la CAN 2025 affiche des performances significatives.
Plus de 1,1 million de spectateurs ont été recensés dans les stades avant même la fin de la compétition, avec une moyenne dépassant les 20 000 spectateurs par match dès la phase de groupes.
Ces chiffres traduisent non seulement l’attractivité du tournoi, mais aussi sa capacité à mobiliser un public international et régional.
Un impact direct sur l’économie marocaine
L’effet dépasse largement les enceintes sportives.
Plus de 150 000 visiteurs supplémentaires ont été enregistrés dans les principales zones hôtelières marocaines pendant la compétition. Les secteurs du tourisme, du transport et de la restauration ont bénéficié d’un afflux significatif, confirmant le rôle d’un événement sportif comme levier d’activité économique immédiate.
Dans cette configuration, la CAN devient un accélérateur conjoncturel, mais aussi un outil d’image pour le pays hôte.
La CAN comme produit médiatique mondial
La Coupe d’Afrique des Nations ne se limite plus à un tournoi continental. Elle s’inscrit désormais dans une logique de produit médiatique global, diffusé sur plusieurs continents et amplifié par le digital et les réseaux sociaux.
Pour le Maroc, le marché du football africain en 2025 est estimé à plus de 50 millions de dollars, ce qui renforce la dimension stratégique de l’événement.
La CAN agit ainsi comme :
un vecteur de visibilité internationale,
un catalyseur d’infrastructures,
un outil de diplomatie sportive,
et un générateur de flux économiques mesurables.
Un actif stratégique pour le continent
Au-delà des résultats sportifs, la CAN 2025 confirme une évolution plus profonde : le football africain devient un actif structurant, capable de produire de la valeur, de moderniser ses standards organisationnels et d’attirer des capitaux.
La question n’est donc plus uniquement de savoir si la CAN est rentable.
Elle l’est.
La véritable interrogation porte désormais sur la manière dont cette rentabilité peut être réinvestie pour renforcer durablement l’écosystème sportif, économique et médiatique du continent.